Se préparer au monde de demain

Si tu ne crées pas ton avenir, quelqu'un le fera pour toi

Le Maraîchage Sol Vivant (MSV)

L’un des plus gros problème que je constate aujourd’hui est la perte de nos sols.

De nos terres !

Le labour intensif depuis maintenant des décennies, l’arrachage des haies, des bocages et donc de leurs systèmes racinaires font que la terre n’est plus retenue par rien et dès qu’une grosse averse s’abat sur ces champs nus, toute la terre est lessivée et coule jusqu’à nos rivières. Et ce n’est pas tout…

Une alternative qui doit vite devenir la Norme, (car c’est la norme de la Nature) est étudiée et expérimentée par une association :

Le principe est simple, car il repose sur le mécanisme le plus utilisé au monde. Et le plus productif ! Il est tout simplement utilisé par les forêts. Et tout est dans le titre, le but est d’avoir un sol vivant ! C’est-à-dire tout un tas de bactéries, champignons, vers de terre, insectes en tout genre. Ils ont tous leur utilité. Principalement, ils aident à décomposer les feuilles/pailles/branches/arbres/animaux…  mort(e)s afin de récupérer le carbone, l’azote, et tout un tas de super éléments essentiels à leur survie mais aussi à la survie des plantes encore vivantes qu’ils nourrissent en échange des sucres que la plante génère grâce à la photosynthèse.

C’est merveilleux à voir quand on comprend leurs mécanismes. Et c’est ce qu’étudie l’association MSV.

Les vers de terre, par exemple, déposent un mucus qui colle et qui permet à la terre de tenir, tout en étant aérée. Car la plupart de ce petit monde a besoin d’oxygène pour vivre. Comme vous et moi. C’est pourquoi le labour est proscrit. Il retourne les couches de terre, et donc d’habitants, en enfouissant la surface dans le sol. Ce petit monde est privé d’oxygène et finit par disparaître.
De plus, toute cette petite vie a besoin d’une maison digne de ce nom, et donc d’un toit! C’est pourquoi la terre n’est jamais à nue à l’état naturel, il y a toujours une bonne couche en décomposition (feuilles, pailles, …) en plus des plantes vivant par dessus et faisant de l’ombre. C’est là la deuxième grande erreur de l’agriculture d’aujourd’hui. Entre deux cultures les agriculteurs laissent la terre à nue et le soleil brûle tous les insectes et bactéries qui sont censés nourrir le sol. Un génocide tragique qui a des conséquences graves.

Un système à bout de souffle

Après tant d’années à pratiquer ces méthodes, il est normal que les agriculteurs conventionnels aient besoin d’engrais, les plantes sont livrées à elles-mêmes pour survivre dans ce désert. Elles sont donc fragiles et sensibles au moindre champignon ou insecte prédateur qui passerait par là. C’est pourquoi il est logique d’utiliser des pesticides et fongicides pour protéger ces pauvres plantes qui ne peuvent pas s’habituer et se renforcer par une adaptation génétique car elles sont toutes clones de la graine « parfaite » mais synthétisée pour ne pas qu’elle soit reproductible autrement que par le fournisseur pleins aux as.

Je vous passe les détails, vous trouverez facilement pleins d’informations sur internet sur le fonctionnement des lobbys agricoles (dont l’acteur phare se fait bizarrement racheter par les lobbys pharmaceutiques… Un cercle « vertueux » s’annonce à l’horizon…)

Des connaissances partagées gratuitement

Je ne vais pas vous donner des chiffres sur les quantités de bestioles, les taux d’azote ou autres qu’il faut respecter, je suis plutôt du genre à laisser la Nature se réguler seule et de toute façon la plupart d’entre nous ne retiennent jamais les chiffres (sinon j’en aurai mis quelques uns…). L’association fait ça très bien, par le biais d’une chaîne Youtube, où ils mettent à disposition gratuitement toutes les formations qu’ils filment. C’est une réel mine d’or.

J’en ai appris énormément en regardant quelques unes de leurs conférences. Ils expliquent très bien le fonctionnement du sol et pleins de mécanismes qu’ils ont découvert grâce à leurs expérimentations. C’est très pragmatique et scientifique comme démarche. Cela pourrait plaire à certains d’entre vous. C’est même un peu trop chiffré à mon goût parfois lorsqu’il faut calculer les quantités d’amendement à amener sur son terrain afin d’avoir un système le plus productif possible. Mais en tout cas, on apprend énormément de choses. Si le sujet vous intéresse il ne faut pas passer à côté.
Et j’ai une petite astuce pour vous : vous pouvez suivre ces formations en vidéo plus rapidement grâce à la fonction de réglage de vitesse de lecture inclue au lecteur Youtube! Je vous conseille la vitesse x1.25, cela permettra un exposé plus dynamique et vous gagnez 15 min toutes les heures, ce qui n’est pas négligeable ! Vous pouvez tenter d’aller plus vite mais vous perdrez en confort. Personnellement, je me contente de la vitesse 1.25, qui n’enlève rien de la qualité de la vidéo.

Pour une version un peu plus philosophique je ne peux que vous recommander La révolution d’un seul brin de paille de Masanobu Fukuoka.  LA référence en la matière. (encore un vieux barbu!) C’est vraiment le livre qui m’a fait ouvrir les yeux sur les erreurs que l’humanité fait depuis maintenant 60 ans en matière d’agriculture.

Masanobu Fukuoka

En résumé :

Vous devez retenir trois choses :

  1. Le sol est vivant, il a besoin de manger et d’une structure stable pour ses habitants donc…
  2. il ne faut pas retourner la terre
  3. il ne faut jamais la laisser à nue. Le (paillis ou mulch) sert de toit aux habitants et en même temps de nourriture pour le sol.
  • Une action concrète à réaliser si vous avez un potager → Allez recouvrir votre sol avec tout ce que vous trouverez à portée de brouette (paille, foin, feuilles mortes, tontes de gazon séchée, copeau, compost, …)

 

Petit Bonus : Je suis tombé par hasard sur cette petite histoire qui raconte la vie du sol d’un autre point de vue. Elle est bien écrite, c’est pour ça que je vous la partage.

  • Published On : 12 mois ago on 7 août 2017
  • Author By :
  • Last Updated : octobre 11, 2017 @ 11:31
  • In The Categories Of : Se nourrir

2 Comments

  1. BM dit :

    Merci pour cet article. En effet, l’érosion des sols est un problème majeur qui est pourtant peu connu. Sur un sujet différent arte à fait un reportage qui semblait intéressant sur la catastrophe écologique liée à l’exploitation eu sable. Nous utilisons le sable pour le béton et laissons les plages nues…jusqu’à devoir… les betonner. Je peux t’envoyer le lien si jamais ça t’intéresse.

    • Merci pour ton commentaire. J’ai déjà vu ce reportage (ou un article similaire), le monde marche vraiment sur la tête ! L’exploitation du sable est en effet également un problème majeur…

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