Se préparer au monde de demain

Si tu ne crées pas ton avenir, quelqu'un le fera pour toi

Bilan de l’été 2017

Comme je l’ai mentionné dans l’un de mes premiers articles, j’ai commencé au printemps un potager que j’ai emprunté grâce à un site de partage de jardin. Comme nous sommes déjà en automne, il est temps de faire un bilan de mes premières cultures. Je vais surtout parler des points négatifs, car ce sont les échecs qui sont la base de l’apprentissage.

Alors comme c’est la première fois que je passe vraiment plus d’une saison entière sur un bout de terrain, je ne savais pas vraiment par quoi commencer. La technique traditionnelle aurait été de passer un coup de motoculteur là-dessus et basta. Sauf que je venais d’absorber pleins de livres et de vidéos de Maraîchage du Sol Vivant (MSV), et il n’était PAS QUESTION de retourner la terre pour détruire toute la vie du sol ! Surtout que j’avais remarqué beaucoup de turricules (les jolies crottes de ver de terre!) ce qui est un signe de bonne santé. Je me suis donc contenté d’amender le sol en le recouvrant de tout ce que je trouvais sur place : des copeaux, de la paille, du broyat de branchages de pleins de choses différentes, de la tonte de gazon, etc.

Cela fait déjà deux erreurs :

  1. Il aurait fallu mettre en place ce couvert de matière organique dès l’automne pour qu’il est le temps de s’incorporer en partie au sol durant l’hiver. Mais je n’ai eu le jardin qu’en février, du coup mes petits ouvriers (vers de terre, cloporte, limaces, etc) n’ont pas eu le temps de beaucoup travailler. Ce qui fait que j’avais toujours un sol assez compact.
  2. Ensuite j’ai découvert dans l’une des vidéos du MSV qu’ils conseillaient tout de même de travailler la terre la première année ! Car un Sol Vivant met du temps à arriver à maturité. Donc pour rester productif il est plus intéressant de rester dans le conventionnel au début et de faire la transition petit à petit. Mais je suis têtu, et j’ai besoin de le voir pour le croire. (et de toute façon il était trop tard).

A noter aussi, mon objectif était d’être le plus productif en y passant le moins de temps possible. J’estime que j’ai passé environ 5 heures au potager par semaine au printemps, et 2 heures par semaine pendant l’été. Ce temps a principalement été destiné à appliquer le premier principe de permaculture OBSERVER, et j’ai adoré ça. J’ai appris énormément de choses sur la nature à petite échelle.

Pour gagner ce temps il est évident que j’ai du zapper quelques fonctions essentielles du jardinier commun : je n’ai pas désherbé, je n’ai pas traité. J’ai surtout laissé faire la Nature. Évidemment, tout ne s’est pas passé comme je l’aurai aimé.

Les difficultés rencontrées

  • Déjà, je suis loin d’avoir obtenu la production abondante que je souhaitais. Je m’y attendais mais là ce n’était vraiment pas terrible. J’ai quand même eu un peu de tout, juste histoire de goûter…
  • Mes tentatives de semis direct ont été des échecs, probablement à cause de mon sol encore trop compact. (ça dépendait des endroits…) J’ai donc eu peu de résultats. J’ai surtout semé dans des pots/bouteilles/boîtes à œuf puis repiqué en pleine terre. Et en général, la moitié au moins disparaissait dans les deux jours… Oui ça a été beaucoup de frustrations vécues …

J’ai voulu créer une butte à pomme de terre, j’ai acheté de belles patates bio censées être résistantes

Butte à butternut et cueillette de framboises

Butternuts qui jouent à cache-cache

et bonnes mais je n’en ai quasiment pas vu la couleur… C’est devenu une butte à butternut car des graines issues du compost y ont germées. Seul un pied de pomme de terre s’est mis à pousser, ce qui nous a permis de nous faire un délicieux gratin. Niveau rentabilité, on a vu mieux. Mais ce n’est pas grave, j’adore le butternut !

 

 

  • Certaines graines dont je n’ai jamais vu la couleur comme : Les oignons jaunes des Cévennes (je suis mauvaise langue, j’en ai UN qui pousse!), les Salsifis, du Chou Vivace, …
  • Une gestion pas toujours efficace : il faut savoir établir et suivre un planning, et j’ai encore beaucoup de progrès à faire à ce propos… Je ne sais pas si c’est ma faute, le sol ou le climat mais j’ai l’impression d’avoir toujours eu au moins 15 jours de décalage avec d’autres personnes de la région … J’ai encore des aubergines et des poivrons qui poussent (je n’en ai toujours pas mangé) mais le froid est déjà bien installé chez nous…

Aubergine blanche Dourga

Poivron orange

 

 

 

 

 

 

 

 

  • Le liseron, ou d’autres plantes grimpantes, m’ont bien embêté. Mais il faut savoir les utiliser à notre avantage : Pour attacher les pieds de tomates aux tuteurs, pour recouvrir le sol et créer beaucoup de matières organiques qui viendra nourrir le sol cet hiver. Je l’ai même laissé envahir des framboisiers qui étaient déjà présents (mais taillés à ras du sol quand je suis arrivé) qui n’avaient rien donné alors que dans un autre coin la récolte était déjà passée. Et là surprise ! Les framboisiers sont très productifs, il faut juste passer un peu plus de temps à les chercher sous les feuilles. Mais le liseron ne gène pas la fructification des framboisiers.
  • Laisser le mildiou se propager sur les tomates. J’avais constaté quelques tâches sur des branches, mais je ne m’inquiétais pas plus que ça, laissant faire la nature comme à mon habitude. Je suis parti cinq jours en vacances et à mon retour j’ai eu l’horreur de constater que la maladie s’était propagée sur tous les plants de tomates du potager ! J’avais fait un rang par variété, aucune n’a été épargnée. Tomate de Quimper, tomate Glacier, tomate-cerise Black Cherry, tomate-cerise Miel du Mexique et tomate Cœur de bœuf Orange … J’ai cru que j’avais tout perdu … Puis j’ai constaté que finalement des tomates y résistaient et survivaient ! Mais j’aurai pu en épargner beaucoup plus si j’avais enlevé les premières branches atteintes. J’aurai probablement freiné la propagation. Mais je vais les entraîner à devenir des warriors survivantes au fil des saisons, pour que mes tomates deviennent autonomes. Pour cela, j’ai récolté les graines des tomates résistantes, afin qu’elles transmettent leur gène à la génération suivante. C’est comme ça que les hommes ont fait depuis la nuit des temps pour avoir toute cette variété de légumes !

Mes réussites

  • Des légumes savoureux : il n’y a pas à tergiverser, les légumes du jardin sont au minimum cent fois meilleurs que ceux qu’on trouve dans le commerce. Et même les commerces bio ! Nous avons fait la comparaison avec un tomate achetée dans un magasin bio et une du jardin, il n’y a pas photo.
  • Une biodiversité retrouvée : une faune et une flore qui s’est bien fait plaisir, sans se prendre des produits chimiques et de coups de bêches :

    Argiope frelon

Abeille qui butine de la menthe

Sauterelle

J’ai également vu une limace léopard (si si !), un cloporte rouge et pleins d’autres choses étonnantes. C’est génial de voir tous ces habitants qui s’activent. Et ça change des humains je vous l’assure.

 

 

 

 

 

La suite

  • Pour obtenir un Sol bien Vivant, le processus est assez long, probablement quelques années. J’espère qu’au printemps prochain je pourrais déjà voir la différence. Pour cela il faut bien valoriser l’hiver en y faisant pousser de l’engrais vert et en donnant un maximum à manger au sol. Et avec la jungle qui a poussé, je suis bien parti !
  • D’après un maraîcher en permaculture que j’ai rencontré en Belgique, les légumes repiqués (donc après un semis en godet ou autre) sont plus sensibles aux limaces. Je vais donc essayer de faire plus de semis directs, malgré les difficultés déjà rencontrées.
  • Ça sera déjà le cas pour les légumes d’hiver : Laitue Merveille d’Hiver, épinard, Mâche, navet boule d’or, …
  • Je vais également faire d’autres expériences pour tester différentes techniques, comme le bokashi (qui est en cours de réalisation) et d’autres choses dont j’ai entendu parler qui ont l’air très intéressantes.
  • Toutes les photos de cet article proviennent de mon potager, je compte en faire plus afin de partager mes avancées et expériences.
  • D’ailleurs, j’ai désormais un compte instagram : où vous pourrez voir des photos et d’autres choses que je trouverais pertinent de partager avec vous.

 

Si vous avez rencontré des difficultés similaires ou même si vous avez d’autres problèmes chez vous, n’hésitez pas à laisser un commentaire en bas de cet article. Les conseils pour résoudre ces problèmes d’une manière efficace et éthique sont aussi les bienvenus !

  • Published On : 8 mois ago on 24 septembre 2017
  • Author By :
  • Last Updated : janvier 29, 2018 @ 9:29
  • In The Categories Of : Se nourrir

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